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dimanche 13 février 2011

Toboggans des maisons - A.Marembert et A.Calleja


Toboggans des maisons, Poèmes d'Amandine Marembert, Illustrations d'Audrey Calleja, coll. "le farfadet bleu", éd. L'Idée Bleue / Cadex, 2009.

p.6-7

p.16-17

"les montres tu les portes pour moi qui me défile à chaque coup d'aiguille
mélange parfois le jour et la nuit de l'endors-matin au réveil-soir"
p.21

dimanche 12 décembre 2010

Les souvenirs m'observent - T. Tranströmer

Les souvenirs m'observent, Tomas Tranströmer, traduit du suédois et postfacé par Jacques Outin, éd. Le Castor Astral, 2004. [1993]

" "Ma vie." Quand je pense à ces mots, je vois devant moi un rayon de lumière. Et, à y regarder de plus près, je remarque que cette lumière a la forme d'une comète et que celle-ci est pourvue d'une tête et d'une queue. Son extrémité la plus lumineuse, celle de la tête, est celle de l'enfance et des années de formation. Le noyau, donc sa partie la plus concentrée correspond à la prime enfance, où sont définies les caractéristiques les plus marquantes de l'existence. J'essaie de me souvenir, j'essaie d'aller jusque-là. Mais il est difficile de se déplacer dans cette zone compacte : cela semble même périlleux et me donne l'impression d'approcher de la mort. Plus loin, à l'arrière, la comète se dissout dans sa partie la plus longue. Elle se dissémine, sans toutefois cesser de s'élargir. Je suis maintenant très loin dans la queue de la comète : j'ai soixante ans au moment où j'écris ces lignes.
Nos premières expériences, pour la plupart, nous sont inaccessibles. Les chroniques, les souvenirs de souvenirs, les reconstitutions se fondent sur un choix de sentiments qui subitement s'enflamment. Mon souvenir le plus ancien est celui d'un sentiment, un sentiment de fierté. Je viens tout juste d'avoir trois ans et on me dit que c'est un évènement d'une extrême importance, car je suis un grand garçon maintenant. Je suis couché dans une immense chambre claire, et soudain, je me laisse glisser sur le sol, parfaitement conscient du fait que je suis en train de devenir adulte. J'ai une poupée, à laquelle j'ai donné le plus beau nom qui soit : KARIN SPINNA. Je ne la traite pas comme une mère ferait de son enfant. C'est plutôt une amie ou ma petite chérie."

p.9-11

dimanche 1 août 2010

As I Walked Out One Evening - W. H. Auden


As I Walked Out One Evening: Songs, ballads, lullabies, limericks and other light verse by W. H. Auden, Selected by Edward Mendelson, Faber and Faber, 1995.

"Refugee blues

Say this city has ten million souls,
Some are living in mansions, some are living in holes:
Yet there's no place for us, my dear, yet there's no place for us.

Once we had a country and we thought it fair,
Look in the atlas and you'll find it there:
We cannot go there now, my dear, we cannot go there now.

In the village churchyard there grows an old yew,
Every spring it blossoms anew:
Old passports can't do that, my dear, old passports can't do that.

The consul banged the table and said,
"If you've got no passport you're officially dead":
But we are still alive, my dear, but we are still alive.

Went to a committee; they offered me a chair;
Asked me politely to return next year:
But where shall we go to-day, my dear, but where shall we go to-day?

Came to a public meeting; the speaker got up and said;
"If we let them in, they will steal our daily bread":
He was talking of you and me, my dear, he was talking of you and me.

Thought I heard the thunder rumbling in the sky;
It was Hitler over Europe, saying, "They must die":
O we were in his mind, my dear, O we were in his mind.

Saw a poodle in a jacket fastened with a pin,
Saw a door opened and a cat let in:
But they weren't German Jews, my dear, but they weren't German Jews.

Went down the harbour and stood upon the quay,
Saw the fish swimming as if they were free:
Only ten feet away, my dear, only ten feet away.

Walked through a wood, saw the birds in the trees;
They had no politicians and sang at their ease:
They weren't the human race, my dear, they weren't the human race.

Dreamed I saw a building with a thousand floors,
A thousand windows and a thousand doors:
Not one of them was ours, my dear, not one of them was ours.

Stood on a great plain in the falling snow;
Ten thousand soldiers marched to and fro:
Looking for you and me, my dear, looking for you and me."

p.65